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Conférence – Ethique et gouvernance internationale de la recherche. Les enseignements de la pandémie de Covid-19, les 8 et 9 juin

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L’Université Paris-Saclay – Polethis, l’Espace éthique Île-de-France, l’Institut d’études de droit public et le Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations organisent une conférence intitulée : “Ethique et gouvernance internationale de la recherche. Les enseignements de la pandémie de Covid-19”.

La crise sanitaire causée par la pandémie de COVID-19 constitue un temps exceptionnel qui a directement influencé l’activité de recherche comme l’ensemble de la société. Dans un contexte de bouleversement général marqué par l’incertitude et l’urgence, les institutions actives dans le champ de la recherche et de la santé – les décideurs comme les chercheurs -, ont dû s’adapter et mobiliser leurs forces. Rarement, le lien qui unit la science à la société, la nécessité de mettre la première au service de la seconde, n’auront autant été mis en évidence et convoqués.

Dès le début de la crise, la compétition scientifique et la coopération scientifique se sont déployées au plan international, de façon parfois anarchique. Le contexte imposait des réponses rapides (identification du nouveau virus par séquençage, définition des ripostes sanitaires au plan médical et sociétal, mise au point de nouveaux vaccins et de traitements potentiels). La multiplicité des intervenants, issus d‘horizons divers et ne partageant pas tous la même culture disciplinaire, a rendu particulièrement complexe l’articulation des dimensions opérationnelles, institutionnelles et normatives, au plan national comme international. Ce fut d’autant plus difficile que les possibilités de régulations et les perspectives ouvertes en termes de gouvernance internationale de la santé se sont rapidement révélées insuffisantes.

Affrontant la complexité intrinsèque à une crise d’une telle ampleur, le présent colloque a pour objectif, tout à la fois de déployer et d’expliciter la façon dont se sont articulées les contraintes et opportunités qu’a généré ce “fait total” qu’est la pandémie, d’une part, et, d’autre part, de construire une réflexion commune autour des normes éthiques et juridiques – nationales comme internationales -, qui peuvent, dans un tel contexte, rendre notre monde plus équitable et “commun”. De l’éthique de la recherche à la gouvernance internationale, l’analyse interdisciplinaire portera sur les développements positifs, les erreurs commises, comme sur les évolutions possibles et souhaitables en la matière.

D’éthique, de droit et, plus largement, de gouvernance et de régulation, il sera question, au sein de chacun des axes de ce colloque, sans jamais réduire la pluralité de leurs significations et de leurs champs d’application. Ainsi seront convoquées l’éthique de la recherche telle qu’elle est exercée par les comités dédiés (Comités d’éthique de la recherche : IRB, CPP…), mais aussi les Comités nationaux de Bioéthique (CCNE, Comité consultatif de bioéthique de Belgique…) dont les réflexions visent à assurer une translation responsable des avancées de la science au sein du corps sociétal. En second lieu, et dans un cadre plus large, seront également abordés l’exigence éthique et l’idéal démocratique, alors que la science et la société nouent des liens étroits dans un contexte de crise aigüe. L’héritage des précédentes crises sanitaires et la mise sous tension des institutions, qu’elles soient nationales, européennes ou internationales, retiendront spécialement l’attention.

Les crises sanitaires mondiales provoquées par le VIH, mais aussi celles qui sont plus limitées dans l’espace ou dans le temps (Ebola, Zika…) ont déjà confronté la société internationale à l’urgence tant de la gestion de crise que de la recherche. Les solutions qui ont alors été trouvées en matière d’éthique et d’intégrité scientifique constituent un héritage dont on peut se demander s’il a été mis suffisamment à profit lors de la crise de Covid-19. Il est dès lors temps d’analyser avancées et limites tant en vue d’un bilan global que dans le but d’une meilleure préparation aux crises sanitaires futures, dans tous leurs aspects, y compris ceux liés au réchauffement climatique et aux enjeux environnementaux.

Si l’articulation entre découverte en recherche et application en santé publique reste un enjeu crucial, la gestion de la crise sanitaire et, plus spécialement, la place faite à la science dans cette gestion, ont mis à l’épreuve les choix institutionnels. Les États, les organisations internationales telles que l’OMS ou l’Union européenne ont été mis sous tension. Le modèle démocratique, que nous pensions acquis, a parfois été questionné, voire bousculé. Plus encore, la solidarité internationale, indispensable pour mettre fin à la propagation mondiale de la maladie, est apparue particulièrement difficile à mobiliser. Si les acquis de la démocratie sanitaire ont trop souvent été ignorés, la gouvernance sanitaire internationale s’est, de toute évidence, avérée fragile. Ce constat appelle à une analyse critique et à un renouvellement des pratiques.

Dates : les 8 et 9 juin 2022

Format hybride : les inscriptions sont actuellement limitées à la visioconférence ; en cas de désistements, une nouvelle série d’inscriptions en présence sera possible

[Inscription obligatoire]


Pour en savoir plus :